Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Le blog des semelles orthopédiques

Bienvenue sur le blog des semelles orthopédiques ou orthèses plantaires. Nous allons comparer la semelle orthopédique active et passive. Des conseils concernant les semelles orthopédiques ainsi que les chaussures

La semelle Kinépod a-t-elle un intérêt pour une infection “pied d’athlète” ? Notre avis

Le pied d’athlète ou tinea pedis est une infection mycosique interdigitale. C’est une pathologie particulièrement fréquente dans la population sportive.

 

C’est une affection très contagieuse qui se transmet par contact avec des squames de peau infectées. La contamination peut se faire par contact direct avec un individu infecté, par autocontamination à partir d’un autre foyer mycosique inguinal ou unguéal, ou par contact indirect (linge, chaussettes, chaussures et marche pieds nus sur un sol contaminé).

Les microtraumatismes cutanés vont faciliter l’initiation de l’infection, et les milieux chauds et humides comme une transpiration excessive dans des chaussures fermées et mal aérées vont favoriser le développement de ces champignons microscopiques.

Tous les sports sont touchés.

 

Figure : Pied d'athlète

 

Le pied d’athlète se traduit par un intertrigo au niveau du pli du 4e espace interdigital (parfois au niveau du 3e espace). Un intertrigo désigne simplement une dermatose au niveau des plis cutanés. Cet intertrigo débute par un léger érythème qui passe souvent inaperçu, puis s’aggrave en un érythème squameux prurigineux avec une tendance à l’hyperkératinisation. La desquamation accélérée de la peau est visible par les lambeaux épidermiques blanchâtres apparaissant au niveau du pli interdigital. Par ailleurs, la macération de la lésion va ramollir la peau qui va se fissurer, pouvant rendre la lésion douloureuse.

L’infection peut s’étendre aux espaces des autres orteils et aux ongles (30% des patients avec un tinea pedis présentent également une onychomycose). Elle peut aussi atteindre la plante du pied (forme dite « type mocassin ») et le dos du pied.

 

Le pied d’athlète est dans plus de 90% des cas, dû à un dermatophyte (Trichophyton rubrum le plus souvent, Tricophyton mentagrophytes, Epidermophyton floccosum…). Ce sont des champignons microscopiques filamenteux qui vivent sur la peau et se nourrissent de kératine. Dans les 10% restant ou lors d’une surinfection mycosique, une levure, Candida albicans, sera mise en cause ; la lésion est alors suintante et recouverte d’un enduit blanc crémeux.

La lésion peut aussi se compliquer par une infection bactérienne plus grave.

Dans ces formes surinfectées, étendues ou en cas de doute, un avis médical est nécessaire. La mise en culture en vue de l’identification de l’agent pathogène est possible, mais elle n’est généralement pas indispensable au vu de la spécificité clinique des lésions et le large spectre d’action des nouvelles molécules antifongiques. La semelle Kinépod ne peut avoir un intérêt  que dans un cas très grave de l’infection et qu’il faille décharger la zone  pour réduire l’appui dessus. À ce jour, nous n’avons rencontré aucun patient aussi fort infecté.

 

•             Traitement

 

Bien que ces mycoses ne mettent pas en jeu le pronostic vital, un traitement est nécessaire pour mettre fin à l’infection mycosique somme toute gênante et contagieuse. On dispose pour ce faire de plusieurs familles d’antifongiques très efficaces.

Un protocole thérapeutique bien suivi engendre rapidement la guérison, mais on est confrontés à de gros problèmes d’observance donnant lieu à des récidives, car les signes de la mycose disparaissent rapidement, avant l’élimination totale des champignons.

On utilise en première intention un traitement local, efficace et sûr. On a à notre disposition différents antifongiques azolés qui semblent d’efficacités équivalentes, et un antifongique de la classe des allylamines (la terbinafine) un peu plus efficace et d’action plus rapide du fait de son activité fongicide, mais est nettement plus couteux. Le produit est à appliquer 1 à 2 fois par jour pendant 1 à 4 semaines, sur une lésion propre et sèche et sur une surface légèrement plus grande que la lésion pour éviter la propagation de l’infection. Les topiques antifongiques se déclinent généralement sous différentes formes, on utilisera par exemple les crèmes dans les formes sèches et les poudres pour les lésions macérées. Les poudres serviront également à traiter les chaussures en saupoudrant l’intérieur deux fois par semaine.

 

Un traitement per os peut être envisagé en 2e intention (terbinafine ou hors AMM le fluconazole), il permet notamment de réduire les problèmes d’observance. Il est réservé aux formes sévères et récidivantes, car ce traitement est d’un coût beaucoup plus élevé, il présente de nombreuses contre- indications (grossesse, allaitement…), et il peut y avoir des effets indésirables (troubles digestifs…).

 

À côté de ce traitement médical, il faut associer des mesures d’hygiène : se laver quotidiennement les pieds à l’eau et au savon. Après la toilette, sécher soigneusement ses pieds y compris au niveau des espaces interdigitaux.

Ne pas utiliser de tapis de bain ou le décontaminer avec des poudres antifongiques. Changer tous les jours la serviette réservée aux pieds.

Changer de chaussettes (ou collant) tous les jours (ou plus si les pieds sont moites). Porter des chaussettes en coton.

Préférer des chaussures ouvertes ou bien aérées

Ne pas porter tous les jours les mêmes chaussures afin que la transpiration ait le temps de s’évacuer. Retirer les semelles des chaussures le soir pour qu’elles sèchent durant la nuit.

Au besoin, prise en charge l’hyperhidrose (talc, anti-transpirants…). Éviter de marcher pieds nus pour ne pas contaminer les sols.

Ne pas partager les sources potentielles de contamination (serviettes, chaussettes, chaussures).

Vérifier l’absence d’infection de personnes vivant sous le même toit.

Laver chaussettes, draps et serviettes de toilette à 60°C (température nécessaire pour détruire le champignon).

Passer régulièrement l’aspirateur pour éliminer les squames et laver avec une solution javellisée les sols carrelés, la baignoire et la douche.

 

Les mesures de prévention rejoignent ces conseils d’hygiène. Ils peuvent se résumer en trois items :

Lutter contre l’humidité des pieds pour éviter la macération : lutter contre la transpiration, ne pas garder les chaussures de sport aux pieds une fois l’activité sportive terminée, aérer les pieds en ôtant les chaussures autant que possible…

Éviter de marcher pieds nus dans les lieux collectifs (piscine, sanitaires collectif, les salles de sports…).

Surveiller régulièrement ces pieds et les laver quotidiennement. La semelle Kinépod n’a donc aucun intérêt pour une mycose podale.

 

Intérêt d’une semelle Kinépod dans cette pathologie :

Cette pathologie ne rentre pas dans les indications d’une semelle Kinépod. La seule utilité de la semelle Kinépod dans des maladies de peau est de décharger la zone douloureuse et affectée. Il faudrait donc avoir une mycose  suivie d’une infection bactérienne importante pour nécessiter le port d’une semelle Kinépod. Elle aurait comme seul but de décharger la zone infectée le temps de sa cicatrisation.

 

 

Christophe OTTE,

Orthokinésiste-Posturologue,

dipl. : podologue, orthopédiste, physiothérapeute-kinésithérapeute, ostéopathe.

Chargé de cours et de formation en Orthokinésie

 

Avis semelle Kinépod, Clinique OPS - Utilisateur

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

La semelle orthopédique

Bienvenue sur le blog des semelles orthopédiques, différents articles sur les types de pieds (pieds creux, pieds plats,...), la physiologie du pied, la semelle orthopédique innovante et ses fonctions, le prix, les chassures conseillées.
Voir le profil de La semelle orthopédique sur le portail Overblog

Commenter cet article